Du 23 mars au 2 avril, des milliers de travailleuses et travailleurs des organismes communautaires partout au Québec suspendront leurs services.
Pas par caprice.
Pas par stratégie politique.
Par épuisement
Pourtant, la situation n’a rien de nouveau. Le milieu communautaire sonne l’alarme depuis des années.
Mais nos élu.e.s n’ont pas voulu l’entendre.
Les organismes communautaires font un travail essentiel en:
Bref, en réparant les fissures d’une société qui craque de plus en plus.
Mais celles et ceux qui accomplissent ce travail vital sont parmi les personnes détenant un diplôme post-secondaire les moins bien rémunérés du Québec.
Pourquoi?
Parce que les organismes sont chroniquement sous-financés.
Chaque année, les groupes communautaires doivent faire des miracles avec des budgets insuffisants.
Résultats…
des équipes épuisées
des postes difficiles, parfois même impossible, à pourvoir
des travailleuses qui quittent le milieu malgré leur passion
des services et des organismes qui disparaissent ou réduisent leurs activités
des organismes qui doivent mettre à pied des employés
Et pendant que ces organismes tentent de garder la tête hors de l’eau…
En 2023, notre gouvernement n’a pas hésité à augmenter substantiellement le salaire des député.e.e… de 30 %, soit environ 30 000 $ de plus par annéepour les élu.e.s.
RÉTROACTIVEMENT!
Et comme si ce n’était pas suffisant, leur rémunération continue d’augmenter, notamment grâce à une indexation d’environ 7,5 % en 2025, ce qui représente près de 10 000 $ supplémentaires.
Tout ça alors que les salaires sont dérisoires dans le milieu communautaire…
Tout ça alors que l’augmentation durement négociée par certains organismes est de 0,57$ de l’heure. 57 CENNES!
Un rattrapage serait peut-être dû ici aussi… non?
Après tout, quel organisme communautaire a vu son financement augmenter de 30 %?
Ce décalage n’est pas seulement choquant.
Il est dangereux.
Des femmes qui fuient la violence et qui n’ont plus d’endroit où se réfugier
Des familles qui perdent leur filet de sécurité
Des jeunes qui n’ont plus d’accompagnement
Des personnes vulnérables qui se retrouvent seules
Le communautaire, ce n’est pas un luxe.
C’est l’infrastructure sociale invisible du Québec.
Chaque dollar investi dans ces organismes évite des coûts et des engorgements en santé, en justice, et dans les services sociaux.
Pourtant, année après année, on leur demande de faire plus… avec moins.
Le milieu communautaire ne demande pas des privilèges.
Il demande la dignité.
Le respect.
Des salaires décents.
Un financement stable et à la hauteur des besoins.
La reconnaissance du rôle essentiel qu’il joue dans notre société.
Du 23 mars au 2 avril, cette grève n’est pas seulement celle du milieu communautaire
C’est un rappel brutal que si les organismes qui prennent soin de la société craquent, c’est tout un système construit comme un château de cartes qui risque de d’imploser.
Le communautaire est à boutte.
Mais la vraie question demeure…
Est-ce qu’on attend vraiment que ça s’effondre pour agir?